jeudi 11 janvier 2018

Que faire de la ZAD ? (bis)

buddhaplane2.jpgQue faire de la ZAD ? (bis)

Un texte en complément de ma chronique vidéo sur le sujet pour Là-bas si j'y suis

Le dénouement approche à Notre Dame des Landes.

Édouard Philippe réunit en ce début d’année les élus locaux sur le sujet, une décision doit être prise d’ici la fin du mois. Depuis la remise du rapport de médiation sur Notre-Dame-des-Landes (NDDL) le 13 décembre on n’a pas beaucoup entendu parler des « constats  erronés » et « défaillances du processus de consultation » et de décision pointés dans le rapport1, qui souligne que la radicalisation de la ZAD a été poussée par le manque d’écoute des opposants, concluant dans son chapitre final « Plus jamais ça ».

On a pas beaucoup entendu non plus d’écologie, ni du fait que tout en faisant référence aux accords de Paris qui nécessiteront de revoir à la baisse le trafic aérien, « la mission a pris en compte sans réserve dans ses travaux les hypothèses de trafic à 2040 établies par la DGAC » qui table sur 9 millions de passagers en 2050 – comme le rappelle Hervé Kempf, en 1973 une étude prédisait pour l’an 2000 6 millions de passagers à Nantes, un chiffre qui n’a toujours pas été atteint en 2017 (5,7 millions de passagers).

Bienvenue dans la fabrique de la peur.

Par contre, on a beaucoup entendu parler d’expulsion, d’ordre public et surtout des « proto-terroristes » que seraient les zadistes.

D’ailleurs, puisqu’on parle beaucoup de « fake news » ces temps-ci, c’est l’occasion de rappeler qu’elles ne sont pas toujours là où Emmanuel Macron les voit, et on peut dire qu’avec la ZAD de NDDL on a été servis ! Et là ce sont bien des journalistes avec carte officielle et tout et tout qui ont été pris la main dans le sac.

Dans une sorte d’hystérie collective, on a récemment entendu parler de camp retranché, de miradors, de barricades piégées, de caches d’armes, de kamikazes et de guerilla digne du Vietnam2. Diable, en France, 200 individus menaceraient l’équilibre de la République. Ces dangereux terroristes ? Les zadistes de Notre Dame des Landes.

Ces fake news ont depuis été démontées une par une, à commencer par l’hallucinante intox du JDD dévoilée par la photographe Val K sur Twitter et repris par Lundi matin3 : l’auteur a tout bonnement repris des photos existantes, publiques et signées, en les détournant : recadrées, éclaircies, pour les faire passer pour des « photos secrètes » et en les truffant de légendes mensongères : le rassemblement des chants des bâtons en 2016 – un événement festif, populaire et familial où j’étais – se transforme tenez-vous bien en "miradors, barricades piégées, stockage de projectiles, tunnels, moyens de communication renforcés... » et vient illustrer l’inquiétude des forces de police sur la présence d’armes à feu – en fait d’armes à feu, des bâtons en bois, c’est vrai que ça peut prendre feu - ; une photo de tracteurs qui date de 2012 est légendée : « les images dont dispose la gendarmerie ne laissent guère de doute » ; on peut voir encore une route bloquée… non par les zadistes mais par la préfecture, vestige de l’opération « César », et même la photo d’un ruban de police prise en 2012, en… Angleterre !

Un article délirant de Valeurs actuelles assure de son côté que des zadistes « menacent de se jeter du haut d’un arbre pour se tuer sur un gendarme », ou encore que « les zadistes ont mis en place un véritable camp retranché permettant de se défendre mais aussi de charger les forces de l’ordre, dans le but, il semblerait que ce soit désormais un objectif à atteindre, de tuer » et croit savoir que le bocage est truffé de pièges à couper des pieds, copiés sur la guérilla vietnamienne. Le journaliste est un ancien du ministère de l’Intérieur de l’ère Sarkozy. 4

Le JDD a finalement du s’excuser5 - tout en maintenant le fond de l’article - et on a appris ô surprise que « ces clichés figur[ai]ent dans un document établi par un service de la gendarmerie »6 aimablement fourni au journal, et que l’auteur de l’article ne s’était en fait jamais rendu sur place.

Et ce n’est pas fini, on apprend au JT de France 2 que « Pour les gendarmes, insister sur les armes qui seraient détenues par les zadistes serait un moyen de s’adresser à leur hiérarchie militaire pour obtenir le maximum de moyens. »

CQFD. On fait ainsi d’une pierre deux coups : faire passer les zadistes pour des terroristes, attiser la peur pour préparer l’opinion à une évacuation musclée, tout en obtenant davantage de moyens pour ladite évacuation. La vie est bien faite.

Pile tu perds, face je gagne.

Et ça arrange les affaires du gouvernement, bien embêté visiblement, qui ne sait plus comment se sortir de la situation sans diaboliser les zadistes.

On est loin de la campagne présidentielle. Interrogé par le WWF, Emmanuel Macron avait assuré en février 2017 qu’il écartait l’idée d’une évacuation des opposants à un nouvel aéroport : « Je ne veux pas d’évacuation (…) il n’y aura pas de brutalité ».

Mais ça c’était en période électorale, propice aux fake news comme l’a lui-même reconnu Monsieur Macron. Aujourd’hui, le délégué général LREM Christophe Castaner le dit : dans tous les cas il y aura évacuation, et l'évacuation de la ZAD se fera par la "force" si nécessaire7.

Mi décembre, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux essayait déjà laborieusement d’expliquer que l’évacuation se ferait "en fonction" de la décision prise, mais en même temps, que quelle que soit la décision, les zadistes devraient quitter les lieux : « Il y a "deux options: soit l'aéroport se fait à Notre-Dame-des-Landes, donc il y aura une évacuation de la Zad. Soit c'est une extension de l'aéroport existant et il n'y a plus aucune raison pour les occupants de la Zad d'y rester ».

Edouard Philippe ne dit pas autre chose : « quelle que soit la décision que nous prendrons, il y aura une composante d’ordre public »8.

Et même la « good cop » Brune Poirson, secrétaire d'Etat auprès du ministre Hulot, qui parle d’ « issue pacifique » et de « tendre la main aux zadistes », reprend tout de même, on ne sait jamais, l’idée du « camp retranché » : « S'ils ne prennent pas cette main tendue, le bras de l'Etat sera extrêmement ferme", a assuré la. "C'est une zone de non-droit. A certains endroits cela s'apparente à un camp retranché ».

Bon. Mais après tout, pourquoi ne pourraient-ils pas rester ?

Selon Françoise Verchère sur Reporterre9 : « oui, ils sont de fait dans l’illégalité, comme tant d’autres en France et en Navarre. Quel maire — je l’ai été — n’a pas à faire face à ces difficultés de stationnement et/ou de constructions illégales ? Le bocage serait-il la seule zone de non-droit ? Le seul où il faille intervenir ? Vaste programme que de rétablir l’ordre et la loi partout… Chacun s’accordera, je l’espère, pour admettre d’abord que, dans un État de droit, seule la justice peut autoriser une intervention.

Il n’est donc pas possible en janvier, toutes affaires cessantes, d’envoyer la troupe nettoyer la Zad parce que ce ne serait pas légal. Pour admettre ensuite que la même sévérité doit valoir pour tous les squatteurs, et toutes les infractions, caravanes et autres yourtes sans autorisation, belles résidences agrandies sans permis, propriétaires des bords de l’Erdre — la plus belle rivière de France coulant à Nantes — qui refusent, malgré la loi, le droit de passage sur leurs terrains (mais il faut dire que ceux-là sont des gens bien, qui peuvent payer les astreintes de la justice qui les a condamnés…). »

Zadistes versus prince du Qatar : selon que vous serez puissant ou misérable...

De fait, des constructions illégales pouvant être assimilées à des occupations, en France, il y en a un paquet qui ne sont jamais inquiétées. Mais mon exemple préféré reste celui-là je crois : en 2015, à Nernier, sur les rives françaises du Léman en Haute Savoie, une famille princière qatarie a bénéficié d’un joli passe-droit, s’affranchissant de plusieurs contraintes légales avec la bénédiction de l’État pour construire illégalement sa villa, sur un terrain classé en zone agricole dans le plan local d'urbanisme. Et ce, en pleine négociation pour l’achat de 24 Rafale par le Qatar pour un montant de 6,3 milliards d’euros. A l’époque de la construction, et des pressions exercés par l’État sur la Mairie pour l’autoriser, le Ministre de l’économie et de l’industrie s’appelait… Emmanuel Macron10.

Pour un plan de sortie heureux.

D’autres imaginent un « plan de sortie heureux », comme Fabrice Nicolino, qui rappelle que « nombre d’occupants sont devenus paysans, éleveurs, tisserands, maçons, charpentiers. Notre-Dame-des-Landes est devenu leur pays » - Monsieur « entrepreneuriat social » aka Emmanuel Macron devrait y être sensible - et préconise comme cela fut fait sur l’ancien camp militaire du Larzac (6300 ha), de transformer les 1650 hectares en « communs », pour préserver les zones humides bocagères et les terres agricoles, avec un observatoire de la biodiversité, un pôle d’éco-construction, un centre dédié à l’agro-écologie en lien avec l’Université de Nantes11.

Les bases sont là : on discute déjà sur la ZAD des conflits d’usage et des possibles règles de partage des terrains, voire du règlement des litiges sur les manières d’y cohabiter, d’accéder à des parcelles, de circuler. Une charte dite des « Six points pour l’avenir de la Zad »12 a été éditée et il existe une « assemblée des usages », des commissions qui étudient les propositions d’installations agricoles, conseillent et aiguillent les postulant·es à une création de fermes vivrières.

Le rapport des médiateurs ne dit pas autre chose d’ailleurs, en préconisant qu’en cas de réaménagement de Nantes Atlantique, l’État conserve les terres de la Zad et en fasse « un terrain d’expérimentation de pratiques agroenvironnementales rénovées, sous le pilotage des acteurs locaux ».

C’est pour porter ces alternatives qu’un grand appel à rassemblement a été lancé pour le 10 février sur la ZAD, quelle que soit la décision gouvernementale13, à l’occasion de la fin de la DUP (déclaration d’utilité publique) du 8 février 2018.

Pour, comme le dit Hervé Kempf, transformer la Zad en Zaï : Zone à imaginer14.

 

Notes :

Pour ce qui concerne les terres déjà préemptées par Aéroport Grand Ouest-Vinci, le rapport des médiateurs n’a pas évalué le coût d’indemnisation qui se négociera entre l’État et Vinci, et est estimé entre 0 et 350 millions d’euros, le montant maximal indiqué dans le contrat.

1 « Dans une situation conflictuelle, les défaillances de la concertation, les défauts de la logique procédurale à l’œuvre, l’indécision publique mais aussi la consultation de juin 2016 et l’absence de suites données forment un contexte dont la mission se doit de rendre compte », https://reporterre.net/IMG/pdf/rapport_de_la_mission_de_me_diation_ae_roport_du_grand_ouest.pdf

2 Florilège Télérama : http://www.telerama.fr/television/a-notre-dame-des-landes,-le-vietnam-des-pauvres-menace-la-france-dune-guerilla,n5402676.php#oYiQ4JALDIy4AGSB.01

3 https://lundi.am/fake-JDD-ZAD

4 https://www.valeursactuelles.com/societe/notre-dame-des-landes-bienvenue-notre-dame-du-vietnam-91305

5 http://www.liberation.fr/checknews/2017/12/19/le-journal-du-dimanche-a-t-il-invente-une-cache-d-armes-dans-la-zad-de-notre-dame-des-landes_1617693

6 http://www.lejdd.fr/societe/a-nos-lecteurs-au-sujet-des-photos-de-notre-dame-des-landes-3525275

7 https://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/notre-dame-des-landes/nddl-castaner-annonce-evacuation-quelle-que-soit-decision-aeroport-1386587.html

9 https://reporterre.net/Evacuer-la-Zad-Et-si-on-se-calmait-plutot

10 http://www.ledauphine.com/faits-divers/2017/09/24/passe-droit-pour-la-famille-royale-qatarie-tycw

11 Un plan de sortie heureux pour le conflit de Notre-Dame-des-Landes par Fabrice Nicolino, François de Beaulieu et Jean-Paul Besset : https://reporterre.net/Un-plan-de-sortie-heureux-pour-le-conflit-de-Notre-Dame-des-Landes

12 https://zad.nadir.org/spip.php?article4629

13 https://zad.nadir.org/spip.php?article4992

14 https://reporterre.net/Notre-Dame-des-Landes-et-maintenant-gagner-la-bataille-de-la-paix

Que faire de la ZAD ?

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On approche du dénouement à Notre Dame des Landes. Le Premier ministre Édouard Philippe fait un dernier tour des élus locaux et la décision du gouvernement tombera avant la fin du mois. Avec une grosse question qui agite tout le monde : que faire de la ZAD ? C'est le sujet de ma nouvelle chronique écosocialiste sur Là-bas si j'y suis : alors qu'on annonce pas moins de 2.500 militaires et gendarmes pour évacuer la ZAD, retour sur la fabrique de la peur, les "fake news" et photos détournées visant à préparer l'opinion et à déployer des moyens disproportionnés, alors que d'autres plans (...)

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mercredi 10 janvier 2018

Anticipations (1) Imaginer la pluie

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Cette chronique est la première d'une série sur les "fictions de l'effondrement" - récits, livres et films d'anticipation à visée politique - et ce qu'elles nous disent du présent. Une tentative de renouveler les formes du discours politiques et d'y inclure poésie, culture et dystopies. Elle paraitra en accès libre tous les quinze jours, le mercredi, sur L'heure du peuple. Pour cette première, réflexion sur les mots de l'après, avec le très beau "Imaginer la pluie de Santiago Pajares. Imaginer la pluie Le sable. le sable à perte de vue. Dans toutes les directions. Et au milieu (...)

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mardi 9 janvier 2018

Zone rurale, perte de chance médicale : la rime qui tue

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Chronique du Diois publiée sur Reporterre sous le titre "Désert médical, désertion des politiques" le 6 janvier 2018 Elle s’appelle Alice, et elle est venue s’installer à Die avec homme et enfant au Printemps, il y a moins d’un an. Le couple est arrivé dans le Diois avec le projet d’un deuxième enfant, qui avait du mal à se concrétiser avec la vie parisienne, le stress, une forme d’insécurité permanente. Alors quand la décision a été prise de changer de vie, de cadre, de rythme, ils ont commencé par s’assurer qu’il y avait une école, un hôpital, une maternité à Die. Et ça a marché. (...)

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vendredi 5 janvier 2018

Train de nuit, mon amour

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Le dernier Paris-Nice est parti. Depuis la fin du 19e siècle, ce train reliait Paris à la Cote d’azur. Le 9 décembre, le dernier train de nuit Paris-Nice a quitté la capitale à 21h19 pour son tout dernier voyage, avec une arrivée à Nice à 8h32 (vidéo reportage France 3). Il ne reste plus que 2 lignes de trains de nuit sur 8 aujourd’hui. Hommage à la poésie et au rêve de ces rails au long cours, sacrifiés sur l'autel à courte vue de la rentabilité : des munitions pour combattre les faux discours. Chronique vidéo, à voir en intégralité sur Là-bas si j'y suis Extrait : La décision a été prise en (...)

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vendredi 22 décembre 2017

Face aux incendies en Californie

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Donald Trump a beau se moquer du climat, celui-ci se rappelle à lui en Californie. Nouvelle chronique vidéo chez Là-bas si j'y suis : "En Californie, les vieux tués par le climat" Des incendies monstres n’en finissent plus de ravager l’Ouest des États-Unis. Ironie du sort, puisque les parlementaires de Californie avaient été parmi les premiers, le 18 juillet, à approuver au contraire l’extension jusqu’en 2030 de mesures pour le climat. Le gouverneur Jerry Brown parle sur Twitter de « menace existentielle » : « le changement climatique est bien réel. Il menace toute forme (...)

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samedi 16 décembre 2017

Affirmer solennellement que le Mont Fuji n'existe pas

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Hommage au Sel de la vie, publié sur Reporterre le 15 décembre 2017. Françoise Héritier (1933-2017) était une ethnologue et féministe, successeure de Claude Lévi-Strauss au Collège de France. Inspirée par le livre « Le Sel de la vie », notre chroniqueuse lui rend hommage à sa façon, qui va du Mont Fuji à un merle chantant. Il y a une forme de légèreté et de grâce dans le simple fait d’exister, au-delà des occupations, au-delà des sentiments forts, au-delà des engagements, et c’est de cela que j’ai voulu rendre compte. De ce petit plus qui nous est donné à tous : le sel de la vie. Françoise (...)

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vendredi 15 décembre 2017

Kafka à Ankara

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Pour la troisième fois en l’espace de quelques mois, j'étais de nouveau ces 6 et 7 décembre en délégation internationale en Turquie à Ankara. Avec mon camarade Jean-Christophe Sellin nous participions à la mission d’observation internationale des procès politiques des deux députés et anciens co-présidents du HDP, Figen Yuksekdag et Selhattin Demirtas. Le HDP est la troisième force politique du pays, son programme défend la laïcité, le féminisme, le socialisme, l’écologie et la démocratie en Turquie. Figen Yuksekdag et Selahattin Demirtas sont détenus depuis plus d’un an. Ils risquent (...)

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mercredi 6 décembre 2017

De l'impact du climat sur nos petites drogues du quotidien

Nouvelle chronique "Le fond de l'air est vert" à voir sur La-bas si j'y suis : Vous vous souvenez des députés qui avaient déballé leur caddie à 5 euros pour protester contre la baisse des APL à l’Assemblée nationale ? Alors pour Là-bas je me suis penchée sur la partie, disons « sexy » du caddie : une tablette de chocolat, un paquet de café, et une bouteille de vin, pour vous parler de climat. Parce qu’on voit bien que tant qu’on parle du pôle Nord, de la banquise, des ours blancs, ça fait de jolies images, c’est attendrissant, mais ça reste loin pour la plupart des gens. C’est la (...)

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vendredi 1 décembre 2017

Du son pour comprendre ce qui se passe à la Région avec Laurent Wauquiez et à Die avec cette maternité (Radio Rdwa)

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A écouter ! Pour celles et ceux qui n'ont pas (encore eu) le temps de lire les 5 épisodes de ma série "Face au budget de Laurent Wauquiez", qui ont envie d'une émission qui prend son temps ou qui tout simplement préfèrent le son, voici mon nouveau compte-rendu de mandat radiophonique sur RDWA, la radio du Diois : Corinne Morel Darleux, conseillère régionale élue en Drôme, nous propose un rendez-vous régulier pour un "compte-rendu de mandat radiophonique" qui fait suite aux assemblées plénières de la région Auvergne-Rhône-Alpes. La dernière s'est tenue les 29 et 30 novembre (...)

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Face au budget de Laurent Wauquiez (5) : Epilogue

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Après 23 heures de discussions sur le budget, la convention TER et divers dossiers ramassés sur deux jours, une courte nuit au milieu et l'examen de 193 amendements, voeux et questions orales, notre dernière session de l'année se termine avec une convention TER et un budget adopté par 110 voix contre 83. Une pause enchantée de mésanges punks qui sont venues se poser sur mon épaule à point nommé (merci Alessandro !)... Et six heures de retard. C'était prévisible. A force de vouloir tout faire rentrer dans un agenda de Président pressé qui devait se rendre à Maisons-Alfort le soir même pour un (...)

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mercredi 29 novembre 2017

Face au budget de Laurent Wauquiez (4) : Au nom de la forêt

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« Comment les forêts sont devenues des sujets politiques ». La semaine dernière dans le TER, alors que j’étais en pleine réflexion sur nos amendements budgétaires pour une forêt jardin face à la vision champ coupé de Laurent Wauquiez... Je me suis enfin offert le temps de l’écoute de cette émission qui m’avait attiré l’œil sur Mediapart. Un bonheur. Et du bonheur, on en a besoin... La moitié des animaux sauvages ont disparu en 40 ans, en Europe ce sont 420 millions d'oiseaux de moins qu’il y a 30 ans. Comme l’impression d’être la génération de l’accélération. La prochaine sera-t-elle celle des (...)

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Face au budget de Laurent Wauquiez (3) Tuyauterie, climat et montagnes en transition

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Je vous parlais hier ici de ce travail de fines brutes que nous avons réalisé sur le budget de la Région : afin de proposer des amendements qui ne consistent pas juste à enlever ce que Laurent Wauquiez a mis sur une ligne pour le remettre là où il l’a enlevé, ce qui n’existe qu’en rêve et présente en soi assez peu d’intérêt car aucune chance de faire bouger les lignes, il faut ruser : un amendement budgétaire doit forcément avoir un impact sur le budget, c’est bête mais c’est parfois compliqué. Par exemple, on ne peut pas juste dire qu’il faut des critères sociaux et environnementaux dans les (...)

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mardi 28 novembre 2017

Face au budget de Laurent Wauquiez (2) Du travail, du collyre et du café

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Ce mercredi 29 novembre débutera à Lyon l’examen du budget de la Région proposé par Laurent Wauquiez pour l’année 2018. Nous avons travaillé comme de fines brutes avec les élu-e-s du groupe du rassemblement RCES pour décortiquer ce budget et déposer des amendements qui ne soient pas uniquement en réaction contre les sales coups du Président de Région, mais aussi dans la proposition : allier résistances et alternatives, parce qu’il nous faut à la fois lutter contre les régressions mais aussi construire l’après et faire la démonstration que c’est possible pour ne pas désespérer. La session (...)

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lundi 27 novembre 2017

Face au budget de Laurent Wauquiez (1) A propos de charbon, de MM Trump et Macron

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Alors qu’on nage en plein bouleversement climatique, que les tribunes et cris d’alerte se succèdent pour réduire urgemment et drastiquement les émissions de gaz à effet de serre qui sont reparties à la hausse cette année, et que le sommet de Bonn a de nouveau failli à prendre l’ampleur de l’urgence, voilà qu’on apprend par Mediapart que l’Agence française de développement s'apprête à accorder un prêt de 41 millions d'euros à la Chine pour soutenir un projet lié à une méga-centrale à charbon ! Et ce, alors que durant la même Cop à Bonn une dizaine de jours plus tôt, Rémy Rioux, le Directeur (...)

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dimanche 26 novembre 2017

Dans ma vallée

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Dans ma vallée il y a des trains, des écoles, un hopital. C'est ce qui fait qu'on est reliés, que des gens viennent s'installer, qu'on nait, circule, apprend, grandit dans la vallée. Supprimer une école, des trains, la chirurgie et la maternité, c'est condamner à terme toute la vallée. Bien loin des grands discours sur la ruralité. C'est pourtant ce à quoi on risque d'assister. Trois exemples, trois combats.     Les trains de l'étoile de Veynes L'étoile de Veynes, au croisement des lignes de Grenoble vers Marseille et de Valence à Briançon, s'est de nouveau mobilisée ce samedi à l'occasion des (...)

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Apple, Samsung, Foxconn : sombres affaires de smartphones

Nouvelle chronique à voir sur La-bas si j'y suis, consacrée aux coulisses d'un objet devenu incontournable en quelques années : le Smartphone. On ne peut plus faire un pas dans le métro, dans la rue, au restau ou au cinéma sans voir des doigts pianoter sur l’écran lumineux. Même en pleine messe... ("Posez ces téléphones !" : le coup de gueule du pape François) En 10 ans, 7 milliards de smartphones ont été produits dans le monde. Une belle concentration d’énergie grise, de terres rares, de 40 minerais différents : or, tantale, tungstene, cobalt, étain… mais aussi de fraude fiscale et (...)

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jeudi 23 novembre 2017

Bataille navale, récit d'une ZAD en Mer de Chine méridionale

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Chronique publiée sur Reporterre le 21 novembre sous le titre "En Corée du Sud, une tenace bataille contre une énorme base militaire" Des orangers, des palmiers, un climat incroyablement doux, tout caresse les sens dès qu’on arrive sur l’île volcanique de Jeju, au sud de la Corée... Mais dans ce décor luxuriant se cache la base navale très décriée de Gangjeong. Reporterre s’en était fait l’écho en 2015. Deux ans plus tard, loin de l’Automne de mon Diois, et quelques jours avant la visite de Donald Trump en Corée du Sud, je me suis rendue à Jeju (*). Ile de Chedju, juin 1970. Voici (...)

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mercredi 8 novembre 2017

Glyphosate : 150$ de chiffre d’affaires par seconde… et combien de victimes ? Chronique #4 pour Là-bas

Pendant que les magouilles de Monsanto pour cacher la dangerosité de ses produits étaient révélées au grand jour, le patron de la compagnie américaine empochait une rémunération de 12 millions de dollars. Gentille récompense pour le succès d’ un produit phare, vendu partout dans le monde, le Roundup, dont la principale substance est classée « probablement cancérigène » par l’Organisation Mondiale de la Santé. (...) Avant le vote européen de demain sur le renouvellement - ou non - de l'autorisation du glyphosate, tour d'horizon des enjeux à retrouver en intégralité pour les abonnés (vidéo, (...)

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dimanche 5 novembre 2017

L’incroyable «Status of Forces Agreement» (SOFA) entre États-Unis et Corée du Sud

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(billet initialement paru sur médiapart) En tournée politique en Corée du Sud pour dix jours de rencontres et conférences, en tant qu'élue de la région Auvergne-Rhône-Alpes, je me suis rendue, dimanche 29 octobre, à la base militaire américaine de Pyongtaek où Donald Trump a annoncé sa venue dans une semaine. Près de 30.000 soldats américains sont présents en Corée du Sud. Les bases militaires sont considérées comme territoire américain et les États Unis peuvent y effectuer des tests ou y importer des armes de destruction massive sans possibilité de contrôle des autorités sud-coréennes. Ce (...)

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