samedi 21 juillet 2018

Sans empire galactique ni baguette magique

amarante.jpgPublié sur Reporterre le 19 juillet : Face à l'effondrement, fondons des alliances terrestres

La dépendance de nos sociétés au pétrole et aux technologies fait redouter la « Grande Panne », qui nous plongerait dans un monde inconnu. Notre chroniqueuse partage ses réflexions sur la collapsologie et sur les possibilités de vivre après l’effondrement, notamment grâce à l’alliance terrestre des humains et des non-humains.

Depuis quelques mois, mon cheminement intellectuel sur l’écosocialisme est de plus en plus irrigué de collapsologie, une approche de la fin du monde, que l’on peut considérer comme le pendant laïc et rationnel de l’eschatologie. Sur la base de faits scientifiques, la collapsologie prédit l’effondrement du climat, des ressources naturelles disponibles, de la biodiversité, de l’organisation même de la société, et ouvre des horizons et des défis politiques passionnants. La parution remarquée du livre de Pablo Servigne et Raphaël Stevens, Comment tout peut s’effondrer, lui a donné un élan inattendu. L’écho grandissant de cette hypothèse, ma rencontre avec des auteurs de la collection Anthropocène, du Seuil, dirigée par Christophe Bonneuil, et la création du collectif Les Terrestres qui s’en est suivie, tout cela m’a permis de renouer des liens entre un univers politique qui se soucie d’écologie, et un milieu universitaire engagé et résistant, loin du plomb académique que j’avais fréquenté lors de la rédaction de ma thèse. Ces deux mondes sont souvent très étanches, voire hermétiques, je ne me reconnais totalement ni dans l’un ni dans l’autre ; le croisement des deux en revanche a un potentiel fertile qui me ravit. J’y ai découvert, en profane affamée, des théories et sources d’inspiration qui m’ébranlent et me nourrissent comme je ne l’avais pas été depuis longtemps. Ajoutez à cela le grand plongeon dans la bibliothèque de science-fiction parentale qui a trouvé refuge dans mon salon, additionné d’une vaste programmation de films d’anticipation, une série de nouvelles chroniques sur les fictions post-apocalyptiques, et me voilà prise dans le filet infini des dystopies, uchronies et autres possibles.

Parmi ces découvertes, la notion d’alliances terrestres explore la manière dont humains et non-humains peuvent s’allier dans des mécanismes d’entraide et d’interdépendance, loin de la vision d’un environnement qui nous serait extérieur et qu’il faudrait protéger, plus loin encore de la vision prométhéenne d’une nature vue comme un adversaire à dominer. C’est le cas par exemple de l’amarante sauvage : une plante résistante, redoutablement fertile, comestible et riche en protéines, qui a en outre la judicieuse mauvaise manière de résister aux herbicides comme le Roundup. Une « ingouvernable ». Des paysans en lutte contre le soja transgénique et ses ravages, en Argentine et au Paraguay, s’en sont servis sous la forme de « bombes de graines » pour saboter des champs d’OGM. « En 2016, trois mois d’occupation (type ZAD) du site de construction à Malvinas ont eu raison de ce qui devait être le plus grand centre de production de semences transgéniques au monde (48.000 hectares tout de même !) et contraint Monsanto à battre en retraite », et c’est ainsi qu’est née la notion de « résistance interspécifique ».

Autant de schismes dans la pensée qui dessinent des horizons différents 

De même, on ne peut pas simplement parler de services écosystémiques que nous rendrait la nature, mais d’un ensemble systémique, dans lequel nous devons à notre tour venir en aide à la biodiversité pour nous sauver nous-mêmes. Un tout, système inclusif et complexe, fait d’interactions, dans lequel l’humain est un acteur parmi d’autres qui agissent tout autant et composent le monde vivant. Certains avancent d’ailleurs qu’il serait plus juste de sortir l’ensemble du vivant de la notion de nature : « Pour qu’homme et biodiversité se solidarisent, il faudrait les penser ensemble, et donc forcément séparés de la nature. Le vivant est culture. Il n’est pas nature. » Autant de schismes dans la pensée qui dessinent des horizons différents, d’autres manières d’envisager notre univers et le rôle que nous y tenons.

pignocchi.jpgCette approche différente de la « nature » a également été alimentée par le travail détonnant et décalé d’Alessandro Pignocchi, qui place ses mésanges punk sur les traces de Philippe Descola et de l’animisme des Jivaros Achuar, défini par l’anthropologue comme « la propension à détecter chez les non-humains — animés ou non animés, c’est-à-dire les oiseaux comme les arbres — une présence, une “âme” si vous voulez, qui permet dans certaines circonstances de communiquer avec eux ». Dans l’animisme, les êtres vivants, humains et non humains, ont une intériorité commune, que l’on peut appeler âme ou esprit. Ce sont leurs caractéristiques physiques — bouche ou bec, griffes ou ongles, marche debout ou à quatre pattes, organes — et non spirituelles, qui modifient leur mode d’expression, leurs besoins, leur rapport au monde. Dans la théorie occidentale, c’est l’inverse : s’il y a une continuité biologique entre l’être humain et l’animal, en revanche la supériorité morale et intellectuelle de l’humain est indiscutable. Disons, par extension malicieuse et en clin d’œil aux amis marxistes, que l’animisme serait une sorte de matérialisme historique revisité par les Jivaros. Alessandro Pignocchi, non moins taquin, imagine dans ses dessins nos responsables politiques convertis à l’animisme. Et cela… révolutionne la pratique. Plus ancré dans le réel et le présent, on peut également trouver trace de ces révolutions silencieuses à l’œuvre dans le slogan vu sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes, qui proclame : « Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend. »

À ce stade, je me dois de préciser que je ne suis pas devenue antispéciste ni animiste pas plus que mystique. Mais cette rupture qui en finit avec l’étrangeté de la nature me semble aussi inspirante que le jour où j’ai découvert le catastrophisme éclairé de Jean-Pierre Dupuy, ou les seuils de contre-productivité d’Ivan Illich. Ce moment lumineux où l’on comprend, par sa propre expérience, des mots écrits à une autre époque, par des inconnus. Il m’est difficile d’apprendre dans les livres, j’ai besoin de vécu. Mais quand je m’astreins à laisser en paix cet énorme mille-pattes dans ma salle de bains, en me raisonnant sur le fait qu’après tout ma maison est au milieu de son jardin, et qu’il a tout autant le droit que moi d’en profiter, je fais déjà un grand pas en avant, un grand pas de côté. En toute franchise, il y a quelques années, j’aurais appelé mon mari pour l’écraser, ce qui est doublement peu glorieux.

Nous avons besoin pour cela d’un nouvel ordre imaginaire

Je ne souscris donc pas systématiquement à tout ce que je lis et entends, mais cela alimente mes réflexions, ce qui est déjà un vrai bienfait dans un monde où les débats intellectuel et politique sont à ce point appauvris. La qualification de non humains, tout comme la notion de capitalocène et le débat avec les partisans du terme d’anthropocène, tout ceci est discutable, au sens noble du terme. Mais comme souvent en politique, le débat vaut la conclusion et l’essentiel n’est pas toujours de parvenir. Cheminer est une fin en soi, tant dans les fils de ces discussions émergent des apports essentiels à la pensée écosocialiste, au nouveau paradigme qui doit se construire sur notre rapport au monde. Nous en discutions lors d’une de ces belles soirées d’été et d’amitié avec Didier Thévenieau, professeur de philosophie : au-delà des approches purement biologiques, nous avons besoin d’aborder ce monde changeant qui est le nôtre par une approche philosophique et culturelle, sans se contenter de chercher à en fragmenter et décrire chaque caractéristique par le seul prisme des analogies scientifiques. Ce qui doit nous préoccuper n’est pas tant de savoir comment mesurer l’intelligence de tel ou tel animal, ou ses proximités génétiques avec l’être humain, pour en déterminer la valeur sur l’échelle des espèces, mais de faire la démonstration que lombrics et amarantes font partie de la biosphère nécessaire à la vie humaine. Nous avons besoin pour cela d’un nouvel ordre imaginaire, selon la formule défendue par un autre ami philosophe, Benoit Schneckenburger : dans mon imaginaire personnel, l’idée d’alliances terrestres va ainsi se nicher sans prétention dans la brise qui remet une mèche de cheveux indocile en place, dans l’action conjuguée de la pluie et du soleil qui fait rougir les tomates et transforme en jungle mon jardin, ou encore dans l’orage torrentiel qui anéantit le meeting de François Fillon.

Politiquement, beaucoup s’inquiètent du découragement que risque d’induire la collapsologie : en signant la fin du monde, n’encourage-t-elle pas le relâchement d’efforts devenus vains, la fuite en avant, tant qu’il y en a et fichu pour fichu, vers les plaisirs polluants ? Le catastrophisme éclairé a apporté des débuts de réponse à cette question. Mais de fait, le scénario d’un effondrement imminent modifie le rapport public à ce qu’on appelle la transition. Selon que celle-ci a pour objectif d’éviter la catastrophe en faisant bifurquer la société avant qu’il ne soit trop tard — ce qui était jusqu’ici la principale option — ou qu’elle vise non pas à éviter la catastrophe mais à préparer le rebond post-effondrement, les logiques sont bousculées. Les mesures à mettre en place ne sont plus forcément les mêmes, selon qu’on vise des politiques d’atténuation ou d’adaptation. Je n’y vois pas nécessairement de contradiction, et reste pour ma part partisane d’amortir au mieux les dégâts de l’ère productiviste : changer de modes de production, relocaliser l’activité, mieux répartir les richesses, atténuer nos émissions de gaz à effet de serre… Mais désormais, il nous faut aussi réfléchir simultanément au volet adaptation et l’enclencher rapidement : quel type de société serons-nous en mesure de construire, si demain la société telle que nous la connaissons s’effondre ? En combien de temps ?

Renouvelons le pari de Pascal

asimov.jpgLà réside tout l’enjeu du Plan Seldon, dans le cycle de science-fiction Fondation, d’Isaac Asimov (1951) : son concepteur, Hari Seldon, est persuadé de l’effondrement imminent de l’Empire. Cette certitude établie, plutôt que de perdre temps et énergie à essayer de l’éviter, le scientifique va consacrer sa vie à imaginer les mécanismes qui permettront de réduire la période de transition post-effondrement — caractérisée par le chaos, ou a minima l’instabilité — pour la rapporter de 30.000 à 1.000 ans. Il dispose pour ses simulations d’une science que nous ne possédons pas, la « psychohistoire », qui permet, par des calculs mathématiques, de prévoir les grandes trajectoires des masses humaines.

Nous n’avons pas de Hari Seldon, et nous ne sommes pas un empire galactique. Nous n’avons pas les instruments permettant de prévoir les décisions historiques sur un millénaire. Nous ne sommes même pas sûrs que l’effondrement soit imminent. Soit. Mais s’il l’est… Comment ferons-nous à court et moyen terme face à l’arrêt brutal de l’ensemble des serveurs Internet, des systèmes de refroidissements des centrales, dans un pays paralysé par l’absence de carburant, où les services d’urgence ne peuvent plus se déplacer, dans lequel plus rien n’est livré ? Les stocks de réserve en carburant correspondent à onze jours de consommation moyenne en France. Un supermarché classique dispose d’environ trois jours de stock alimentaire. Quel qu’en soit le facteur déclenchant — et il y a aujourd’hui plusieurs hypothèses de plus en plus probables, ne serait-ce que par l’extrême dépendance de notre société au pétrole et aux technologies —, comment faire pour vivre et non simplement survivre à la « Grande Panne », en partant de l’axiome qu’il n’y aura pas de possibilité de retour en arrière ? Si l’on examine l’hypothèse de l’effondrement, et non plus celui d’une crise à surmonter avant de revenir à un état antérieur, il y a tout un chantier à explorer, et d’urgence.

Personne n’a de baguette magique, si l’effondrement arrive il y aura des morts et des blessés. Mais on peut, on doit, commencer à préparer le monde d’après. Renouvelons le pari de Pascal. Si l’ultime stade de la catastrophe n’arrive pas, nos efforts n’auront pas été vains : nous aurons renoué avec notre caractère naturel en réintégrant l’humain dans le monde vivant ; nous aurons contribué à une organisation sociale plus digne, plus juste et plus épanouissante.

 

Dessins d'Alessandro Pignocchi

Photo d'amarante sauvage, Wikipedia (Jan Kops/CC0)

Montage "Fondation" : Journal du geek

vendredi 13 juillet 2018

La bataille de l'Arctique a commencé

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vendredi 6 juillet 2018

Messieurs Juncker, Macron et Wauquiez, pompiers pyromanes de la ruralité

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Chronique du Diois publiée sur Reporterre le 3 juillet 2018 La semaine dernière, nous étions en session plénière à la Région Auvergne Rhône Alpes. En face de nous, un Laurent Wauquiez tout fier d’annoncer que la Région allait désormais pouvoir faire des avances aux agriculteurs et projets ruraux qui bénéficient des fonds européens « Leader », bloqués depuis des mois maintenant par un logiciel national défaillant, Osiris.  De fait, cette calamité numérique a plongé un certain nombre d’acteurs ruraux dans une détresse proche de l’écœurement. Et on ne peut nier l’effet salvateur pour nos (...)

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mardi 26 juin 2018

Montez le son ! Compte-rendu de mandat radiophonique sur RDWA

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lundi 25 juin 2018

Récits de voyage : le Rojava vu par des femmes

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Mercredi 27 juin à 18h est organisé au Centre Démocratique kurde de Paris une discussion à partir de témoignages de femmes parties au Rojava. Corinne Morel Darleux (secrétaire nationale du Parti gauche et conseillère régionale Auvergne Rhône Alpes), Mylène Sauloy (documentariste, réalisatrice du film « Kurdistan, la guerre de filles ») et Mireille Court (journaliste, réalisatrice du film « Rojava, une utopie au coeur du chaos syrien ») ont comme point commun le Rojava. Toutes les trois sont parties au Nord de la Syrie pour rencontrer et échanger avec des femmes qui y vivent, y résistent et (...)

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Turquie : la gorge nouée

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Malgré des irrégularités constatées, des observateurs internationaux empêchés d'accomplir leur mission, des enveloppes suspectes, des bureaux de vote qui ont été éloignés dans la partie kurde du pays, des modalités de vote et de dépouillement modifiées, malgré les espoirs de l'opposition, Recep Tayyip Erdogan est donc réélu avec plus de 52% dès le premier tour. Le régime ultraprésidentiel qu'il s'est fait voter par referendum constitutionnel l'an dernier va désormais entrer en vigueur, affaiblissant considérablement le contre-pouvoir du parlement. Le Président aura tous les pouvoirs de (...)

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dimanche 24 juin 2018

A propos du droit à l'image des lombrics

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Kung Fu Panda, le monde de Nemo, Bob l'éponge et Sophie la Girafe sont convoqués dans cette nouvelle chronique écosocialiste pour Là-bas si j'y suis : "Les animaux menacés, une manne lucrative pour l’industrie du divertissement". On y parle d'animaux stars, de sixième extinction de masse et de droit à l'image, mais aussi des lombrics et autres invertébrés, pas assez mignons, pas assez cinégéniques, et pourtant si précieux... Photo : Zoo Portraits, journal du CNRS Extrait : (...)

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samedi 23 juin 2018

Un dimanche en Turquie, pour l'espoir et la démocratie

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Ce dimanche ont lieu les élections présidentielles et législatives, anticipées, en Turquie. Je suis cette fois empêchée de m'y rendre, mais fière et de tout cœur avec nos camarades du Halkların Demokratik Partisi (HDP). La campagne autour de leur candidat Selahattin Demirtaş, depuis la cellule où il est incarcéré depuis presque deux ans, a été impressionante et j'invite chacun à lire ce très beau texte paru dans Le Monde : la puissance des mots de Selahattin Demirtaş rappellent avec sensibilité et justesse que l'on peut mêler politique et poésie, ne rien renier de ses convictions, même au fond (...)

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jeudi 21 juin 2018

Stratégie environnement énergie de la Région : climat, nature... et béton (video)

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Je suis intervenue à la Région sur la stratégie environnement énergie, une délibération que nous attendions avec impatience. Et, une fois n'est pas coutume, je dois dire que nous avons vu avec soulagement se dessiner l’horizon d’une région à énergie positive en 2050, avec de l’économie circulaire, la restauration de la biodiversité et de la qualité de l’air. En effet, l’ère de l’énergie abondante et bon marché est terminée. Exploiter la nature est devenu suicidaire. Nous sommes en train de détruire l’air que nous respirons, les sols qui nous nourrissent, la nature dont nous faisons partie. (...)

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mercredi 20 juin 2018

Où en est-on avec nos partenaires européens ? (video)

A l'occasion de ma participation à la journée d'ateliers et de débats organisée par les Insoumis de Clermont-Ferrand, j'ai répondu aux questions qui se posaient concernant les partenaires de la France Insoumise en Europe : avec le réseau écosocialiste européen, puis via les Sommets du Plan B et les Conférences euro-méditerranéennes, ou encore notre travail opiniâtre au sein de la Gauche européenne avec Sophie Rauszer, nous avons au final réalisé un vrai travail de fils tissés et de dentelle pour identifier finement alliés et partenaires, en soulevant certaines contradictions, en menant (...)

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lundi 11 juin 2018

Qu’est-ce que c’est, le Rojava ?

Ma seizième chronique écosocialiste pour Là-bas si j'y suis porte sur le Rojava, ce territoire autonome en Syrie du Nord d'où je reviens, avec l'expérience d'une Révolution hors normes... Après les Carnets du Rojava publés sur le site de la revue Ballast, voici donc la chronique vidéo, avec des extraits de reportages et documentaires, des cartes et des vidéos réalisées là-bas pour tenter de mieux comprendre ce qui s'y joue, et qui nous intéresse aussi ici... "Qu’est-ce que c’est, le Rojava ?", un tour d'horizon en 18 minutes, dont voici un extrait pour celles et ceux qui ne sont pas (...)

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samedi 2 juin 2018

Jardiner, nourrir, et se préparer à atterrir (chronique Reporterre)

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Chronique du Diois parue sur Reporterre le 28 mai Malgré mon appel à l’aide sur les réseaux sociaux - qui a toutefois considérablement enrichi mon catalogue de podcasts sur la collapsologie - je n’ai pas réussi à retrouver cette émission de France Culture entendue distraitement un matin. L’invité y évoquait l’effondrement à venir, l’insécurité alimentaire du monde moderne en soulignant la faiblesse des stocks de nourriture à Paris, et plus généralement la nécessité d’anticiper, en développant les surfaces cultivées, un futur exode urbain vers les campagnes où les populations iraient se (...)

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dimanche 20 mai 2018

Carnets de route. Retour du Rojava (volet 3 et fin)

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Troisième et dernier volet de mon journal de bord publié par la Revue Ballast. Lire le premier volet et le second volet Nous avons décidé de ne pas franchir l’Euphrate pour des raisons de sécurité. J’envisageais de me rendre dans la « zone tampon » de Shehba, située à l’ouest des cantons de Cezire et Kobane, où se sont réfugiés la plupart des habitants d’Afrin depuis la prise de la ville le 18 mars 2018 par l’armée turque et ses alliés dans le cadre de l’opération « Rameau d’olivier ». Mais la présence du régime syrien et la proximité avec l’occupation turque ont finalement eu raison de cette (...)

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samedi 19 mai 2018

Les petits arrangement de M Wauquiez avec la vérité

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Tribune "Vu de" publiée le 18 mai 2018 sur Regards  Au lendemain de la prestation du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, dans L’Emission politique sur France 2, Corinne Morel-Darleux reprend la plume pour nous rappeler les approximations et contre-vérités du patron des Républicains. Damned. Me voilà obligée de reprendre. J’avais résumé le mécanisme Wauquiez ici même il y a trois mois déjà, à l'occasion de son passage à L’Émission Politique. Mais voilà qu’à nouveau invité sur le plateau de France 2 ce 17 mai, Laurent Wauquiez a récidivé en énonçant (...)

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jeudi 17 mai 2018

Carnets de route. Retour du Rojava (volet 2)

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Suite de mon carnet publié sur Ballast, de retour du Rojava. Dans ce deuxième volet : le village de femmes de Jinwar, la commémoration en hommage aux deux internationalistes, Anna Campbell tombée à Afrin et Alina Sanchez (respectivement Helina et Legerina de leurs noms de combattantes), et enfin Kobane avec le témoignage de Sara, qui y a vécu la bataille contre Daech... ★ Le premier volet si vous l'avez manqué est ici Nous avons dormi dans la famille d’un ami et journaliste kurde. Dattes caramélisées dans l’huile, coussins à même le sol transformés en matelas, sourires en pagaille : malgré (...)

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mardi 15 mai 2018

Carnets de route. Retour du Rojava (volet 1)

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Je suis rentrée depuis un peu plus de deux semaines de Syrie. Il n'a pas été aisé de décanter et mettre en mot ce voyage hors normes au Rojava, la somme d'informations, de témoignages et d'observations avec lesquelles je suis revenue. Il semblerait que je sois la première élue Française, voire d'Europe, à me rendre au Rojava, de facto autonome depuis 2012 - la Fédération démocratique de la Syrie du Nord qui englobe le Rojava, n’existe quant à elle que depuis mars 2016. J'espère que cette première visite remplira son objectif de témoignage direct, de soutien au projet, d'enseignements à en (...)

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mercredi 2 mai 2018

Anticipations (7) L'abondance à la fin

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Septième chronique de ma série "Anticipations" : fin du monde et abolition de la propriété privée (toujours ça de gagné).  (Retrouvez les précédentes chroniques ici) *** L’abondance à la fin Dans I Am Legend (2007), une manipulation génétique destinée à sauver l’espèce humaine a finalement provoqué son extinction - ou plus précisément sa mutation. Un homme en réchappe. Il est noir, jeune, sportif, militaire gradé, expert. C’est le dernier homme sur Terre, un thème récurrent du roman post-apocalyptique et du cinéma d’anticipation. Presque le dernier : il y a une survivante, une (...)

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lundi 30 avril 2018

Des fourmis et des hommes (dans la selva)

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Des fourmis et des hommes, chronique d'agroforesterie tropicale de retour du Brésil Publiée sur Reporterre le 26 avril, dans la foulée de ce premier billet au vu des événements récents autour de Lula au Brésil Tout en haut, la canopée qui permet d’ombrager, plus bas, les cacaoyers. Des différences de strates qui font vortex, interceptent l’humidité (1) et l’attirent vers les bananiers. Au sol, des plantes et végétaux destinés à fournir la matière organique. Ce sont les quatre strates de l’agriculture syntropique pratiquée par quelques pionniers dans le biome de la Mata Atlantica, une forêt (...)

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samedi 28 avril 2018

Journée mondiale pour Hasankeyf : les dessous d'un barrage à marche forcée

Il y a un an, le journaliste Mathias Depardon et son accompagnateur Mehmet Arif étaient arrêtés en reportage à Hasankeyf en Turquie, où un projet de barrage menace la cité antique à majorité kurde. Le projet qui devait voir le jour en 2013 est vivement critiqué et les premiers dynamitages diffusés sur les réseaux sociaux l'été dernier ont relancé la mobilisation.

Alors que je rentre juste du Rojava en Syrie, et avant de m'atteler au récit de cette mission incroyablement riche, j'ai tenu à participer à la Journée mondiale d'action qui se tient aujourd'hui pour Sur et Hasankeyf en Turquie, en publiant cet article sur Mediapart "Journée mondiale pour Hasankeyf : les dessous d'un barrage à marche forcée"

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vendredi 13 avril 2018

De retour du Brésil : Marielle Franco, Lula, Agroforesterie. Chronique sur La bas si j'y suis

Screenshot_LaBas.png

Je vous en parlais déjà dans un billet précédent ici, le Brésil est confronté à des politiques libérales délétères et des violences aggravées, dans une situation politique extrêmement tendue. J'ai répondu la semaine dernière aux questions de Leonard Vincent pour le Journal du Media qui a fait son ouverture sur Lula : Et je suis également revenue plus longuement sur ces questions à l'occasion de ma chronique pour Là bas si j'y suis, consacrée au Brésil : l'assassinat de Marielle Franco pendant le FSM 2018, l'emprisonnement de Lula intervenu depuis, le très inquiétant candidat à la (...)

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